Tu comprends pourquoi c'est dur.
Pour moi.
Pendant des semaines entières, j'ai laissé le flot acide dégueuler de mes yeux sans rien. Sans prononcer un seul mot. Et du jour au lendemain, sans crier gare, tu débarques dans ma vie en trois jours. Trois jours, putain. J'me fous des lunettes en forme de coeur sur la gueule, pour me protéger d'une lumière plus qu'aveuglante.
Pour me protéger, oui. De ce qui pourrait m'arriver, des brûlures au coeur que tu m'infligerais si jamais, du jour au lendemain, tu décidais de prendre la porte. D'écarter tes doigts des miens, de sourire, -fossettes-, et de. Me lâcher.
Je perds pieds. Je ne suis plus consciente de ce que je fais.
Je sais. Je sais que tu sais que je suis chiante, insupportable, méchante, dure, vaniteuse, orgueilleuse, mélancolique parfois, énervante tout le temps, émotive, collante. Que la vie à deux, quand je prends toute la place, c'est pas évident. C'est pas facile. Qu'une remarque, et je me braque. J'emmerde. Je râle. Je me crispe. Fonds en larmes.
Il y a toi. Toi. Tes je t'aime et mes ta gueule. Niaisement délicieux. Incroyablement doux.
J'ai le coeur à mille à l'heure.
Parce que, tu te souviens, cet été ?


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